Entre deux serres du domaine de Laeken se dressent des arbres qui ont traversé les millénaires et que l’on pensait disparus. Erronément appelé « pin », Wollemia nobilis appartient à la famille des Araucariaceae et non des Pinaceae.
Découvert en 1996 dans le Parc national de Wollemi, en Australie, par David Nobel, ce « pin » n’était connu que sous forme pétrifiée. A l’époque des dinosaures, ils étaient assez communs, mais n’avais plus été observés depuis.
C’est lors d’une excursion dans les territoires isolés du parc de Nouvelle-Galles du Sud que le garde forestier Nobel découvre une espèce d’arbre inconnue, dont les feuilles vert foncé font penser aux frondes des fougères. Mais on n’a jamais vu des fougères de 40 m de haut ! Il venait de (re)découvrir une espèce qui portera son nom.
Ces résineux préhistoriques ont une particularité pour faire face au froid : un bouchon de cire protège les bourgeons terminaux. Le processus d’évolution a remplacé ce bouchon par des écailles. Son écorce brun foncé est couverte de petits nodules semblables à de minuscules bulles. Ses branches sont horizontales et sans ramification. Elles tombent après 5 à 10 ans comme des feuilles caduques, c’est-à-dire en un morceau en raison de la présence d’une zone d’abscission à la base de chaque branche.
L’espèce est monoïque. Elle possède donc sur les mêmes arbres des cônes mâles allongés à l’extrémité des branches intermédiaires et des cônes femelles sphériques à l’extrémité des branches supérieures près de la cime de l’arbre.
Présents depuis 2006 dans les serres royales, les deux spécimens Wollemia nobilis étaient à l’étroit dans leur pot, il a fallu les déplacer. Depuis 2026, ils sont donc en pleine terre à l’abri des vents et font l’objet d’une attention toute particulière pour leur garantir une longue vie.
Photos © Christel Buelens