Derrière ces cristaux jaunes de soufre sélénié en provenance de Sicile, que l’on peut observer au musée de Minéralogie de l’ULB, se cache une réalité assez sombre. Jusque dans les années 1970, le souffre sicilien représentait près de 80% de la production mondiale. Bien avant le pétrole, le soufre faisait tourner le monde : armes, engrais, médecine, conservation, vin, allumette, etc.
Le soufre de Sicile provient de roches sédimentaires du Miocène enfoncées à 200 mètres sous terre. Les conditions d’extraction étaient extrêmement dures : une chaleur étouffante mêlée aux vapeurs toxiques de dioxyde de soufre ( la fameuse odeur d’œuf pourri) et aux risques d’effondrement. Les mines de soufre siciliennes étaient parmi les environnements industriels les plus toxiques d’Europe. Sans oublier que les enfants étaient parmi les victimes de ce travail inhumain. Aujourd’hui la majorité du soufre mondial est récupérée du pétrole et du gaz.
La particularité de cet échantillon est de contenir du sélénium issu des gaz volcaniques. Le soufre sélénium est un poison. Il ne doit pas être ingéré, peut-être irritant et est toxique à forte dose. Par contre à dose pharmacologique, il est très efficace contre certaines mycoses et les pellicules. Raison pour laquelle aujourd’hui, il est synthétisé en laboratoire et incorporé dans les shampoings antipelliculaires.
Photo © Christian Du Brulle