Cet assemblage de plaques inclinées et mobiles est un torquetum. Inventé à l’époque médiévale, le torquetum est un instrument astronomique. Celui-ci date de 1720 et est configuré pour donner l’heure solaire avec précision pour une période de 30 ans. Pourquoi 30 ans ? L’utilisation des cycles solaires et des cycles lunaires limitent la précision dans le temps. Au-delà d’une certaine période, les erreurs deviennent trop importantes.
Comment ça marche ? Trois petits trous servent à faire un alignement lumineux et géométrique. Les deux trous du haut définissent l’horizontale. Le trou central du bas sert de point de contrôle d’alignement. Quand la lumière du Soleil traverse correctement ces ouvertures, l’utilisateur sait que la plaque est orientée selon un angle précis. On peut alors lire l’heure solaire. Et pas seulement en un seul endroit mais partout dans le monde grâce aux coordonnées astronomiques et géographiques gravées sur le torquetum.
Sans électronique, sans lentille, sans moteur, juste avec la lumière, des angles, des trous et des graduations, on pouvait transformer la position du Soleil en mesure du temps. Et ce avec précision.
Au XVIIIe siècle, avoir un torquetum était tant une démonstration de sa culture savante qu’un signe de statut social pour les familles bourgeoises. Le musée d’art et d’histoire de Bruxelles possède ce spécimen prêté en 2026 à l’Observatoire Royal de Belgique pour ses 200 ans.
Photos © Christel Buelens