Au musée de la Médecine à l’ULB, le Proche-Orient ancien est illustré à travers des objets relevant de pratiques magiques et religieuses. Entre momies et autres amulettes, un vase funéraire attire l’attention. Datant de la période saïte ( -VIIe — -VIe siècles avant notre ère), ce vase égyptien est orné de quatre visages de la déesse Hathor, réputée pour sa bienveillance envers les vivants, mais encore davantage envers les morts.
Ce genre d’objet est régulièrement associé à des contextes funéraires car Hathor joue un rôle majeur dans l’accueil du défunt dans l’au-delà. Son image agit comme une présence protectrice permanente auprès du mort.
Pourquoi quatre visages? "Quatre" répondrait à une logique fondée sur la cosmologie égyptienne. Il renvoie à la totalité du monde ordonné : quatre points cardinaux, quatre vents, etc. De plus à la période saïte, on ne racontait pas une scène mais on activait une protection symbolique. Multiplier le visage divin serait peut-être destiné à renforcer l’efficacité magique de l’objet.
Ce qu’il contenait est complexe à déterminer. Il est vraisemblable qu’il aurait été plus rituel que fonctionnel. En effet, Hathor est associée à la renaissance et la régénération du corps. Dans un contexte funéraire, les objets liés aux liquides, comme ce vase, seraient pensés comme des vecteurs de revivification symbolique du défunt.
En Égypte ancienne, soin, religion et magie n'étaient pas séparés. La frontière entre rite funéraire et pratique médicale était assez poreuse.
Photo © Christian Du Brulle