Conservé dans les réserves du Musée L, Le kiosque en hiver (1966) est l’un des tableaux les plus sensibles de Micheline Boyadjian, artiste bruxelloise souvent rangée dans l’art naïf, une étiquette qu’elle n’aimait pas. On observe peu d’éléments sur le tableau, mais une atmosphère puissante s'en dégage : ciel blanc, arbres nus, solitude douce. Comme toujours chez Boyadjian, la simplicité apparente ouvre un espace de rêverie.
La peintre s’inspirait directement de son quotidien : Bruxelles, son appartement, les objets qui l’entouraient. Avec son mari Noubar, cardiologue et passionné d’objets de dévotion populaire, elle formait un duo très uni. Leur intérieur, rempli d’automates, de souvenirs et de curiosités, nourrissait son regard. Dans ses tableaux, chaque décor semble provenir de cette intimité partagée. D'ailleurs, à la mort de son mari, Micheline cesse de peindre.
Dans les réserves, l’œuvre frappe par son calme et sa délicatesse. Boyadjian ne raconte pas une histoire : elle invite à entrer dans une ambiance, un souvenir ou une sensation. Un tableau discret, mais profondément évocateur à l’image de l’artiste elle-même.
(photos : Christian Du Brulle/Dailyscience.be)