Le « Tumi » qui trépane et qui protège

25/01/2026


Les Incas s’y connaissait bien en médecine. Plus particulièrement dans l’art de la trépanation, qui consiste à percer un trou dans la boîte crânienne. Pour effectuer cet acte chirurgical, les Incas utilisaient un couteau en cuivre ou en bronze à lame semi-circulaire. Surmontée d’un personnage, cet instruments était appelé Tumi. Un exemplaire est présenté au musée de la Médecine de l’ULB

Pour réaliser une trépanation, la méthode utilisée était simple. On grattait le crâne en dessinant un quadrilatère avec le Tumi jusqu’à ce que l’os cède. Le Tumi, mot quechua qui signifie « couteau »,  aurait permis de faire des découpes plus précises, évitant d’endommager le cerveau. En 1000 ans, les Incas ont peaufiné leur façon de procéder afin notamment de prévenir les risques d’infection. Une étude montre même que le taux de mortalité à la suite d’une trépanation n’était que de 20% contre 50% pendant la guerre de Sécession. 

Cette arme de poing et couteau sacrificiel devenu instrument chirurgical ne servait pas uniquement à soigner le mal physique mais jouait vraisemblablement un rôle dans le soin des maladies mentales ainsi que dans certains rites liés à des croyances religieuses. L’idée était donc d’ouvrir le crâne pour libérer un mal ou un esprit qui y était enfermé. 

Aujourd’hui le Tumi est une figure emblématique du Pérou qui, accroché à un mur, attirerait chance et abondance …


Photo de couverture ©  Christian Du Brulle