Il faut gravir les 6 étages du Musée L, pour découvrir ce masque en os de baleine, associé aux peuples Inupiaq, les Inuits de la région de Point Hope en Alaska. Objet spirituel, d’une part, dont la fonction est de rendre visibles les esprits et de permettre son interaction avec les humains. D’autre part, objet rituel dicté en rêve aux chamanes et permettant l’incarnation temporaire de l’esprit lors de cérémonie chamanique.
Tous les masques ne sont pas sacrés. Grotesques ou caricaturaux, ils sont fabriqués par les habitants et utilisés durant les joutes verbales ou les carnavals. Le but étant avant tout d’induire le rire qui régule les tensions et soude le groupe.
Les masques inuits se veulent avant tout une figuration de l’esprit, il ne s’agit en aucun cas d’une imitation du réel. A partir du 20e siècle, l’os de baleine apparaît plus souvent dans les collections que le bois flotté ou les peaux habituellement utilisés mais périssables. A cet effet de pérennité s’ajoute l’engouement des collectionneurs pour ce matériau. Les masques en os de baleine sont donc surreprésentés dans les musées alors qu’il est rare dans la tradition inuite.
Photo de couverture © Christian Du Brulle


