Au 18e siècle, regarder une image à travers un zograscope équivalait à aller voir un film au cinéma. Le zograscope est un instrument d’optique sur pied. Il est comporte une lentille grossissante montée dans un cadre rectangulaire et un miroir inclinable. Ce miroir renvoie le reflet de l’image posée au pied du zograscope. Il s’agit le plus souvent des paysages urbains.
Appelées « vues d’optique », les images étaient gravées à l'eau-forte et ensuite coloriées à la main. Pour obtenir l’illusion de profondeur, les graveurs devaient accorder une attention particulière aux lignes droites, tout en veillant à accentuer les lignes horizontales de la composition. Les vues d'optique sont à placer à plat, au pied de l’appareil : le miroir redresse la gravure, tandis que la lentille agrandit l’image. L’effet obtenu est une impression de relief et de profondeur.
Cet appareil d’optique permettait aux « spectateurs » de vivre une sorte d’expérience immersive. Les représentations de lieux exotiques et d’architecture de monuments remarquables rencontraient beaucoup de succès.
Le Zograscope du Musée Wittert de l’ULiège date de 1820. Il est en acajou et marqueterie de bois divers. Cet objet luxueux était destiné à une bourgeoisie urbaine cultivée. Par la suite il s’est répandu largement dans la population via les colporteurs.
Photo de couverture © Christian Du Brulle
Zograscope © Musée Wittert ULiège
Gravure à l'eau-forte aquarelllée - Vue de la grande église de Saint-Lambert à Liège par Johann Baptist Bergmülle © Musée Wittert ULiège




