Dressée sur une butte, voici une oeuvre monumentale à caractère architecturale de l’artiste belge Philippe Jaques. Son travail tourne autour de la matière, du geste, de l’espace et du temps.
Cette oeuvre du Jardin des Sculptures de l’UCLouvain-Bruxelles rappelle la lettre grecque π (pi), utilisée comme constante mathématique qui représente le rapport entre la circonférence d’un cercle et son diamètre, soit 3,1415926535… Le symbole π a probablement été choisi au XVIIIe parce qu’il est l’initiale du mot grec lié au périmètre.
Mais pourquoi π ? La définition mathématique se limite à un simple rapport géométrique. Pourtant, π porte aussi un imaginaire plus vaste, lié à l’infini, à l’ordre et à l’équilibre. Sa forme simple, deux montants verticaux reliés par une traverse, évoque un seuil, une porte d’un édifice invisible, un passage, une transition vers un autre monde.
Les deux piliers et les deux extrémités de la traverse ne sont pas identiques : d’un côté un cercle, de l’autre un carré. Pendant des siècles le lien entre π, le cercle et le carré fut un des grands problèmes des mathématiques. Il s’agissait de comparer le cercle aux formes rectilignes, relier le cercle au carré. Cela a donné le problème de la « quadrature du cercle » : construire un carré ayant exactement la même aire qu’un cercle donné avec une règle et un compas. Une opération mathématiquement impossible qui a donné naissance à l’expression : « chercher la quadrature du cercle » qui signifie tenter de résoudre un problème insoluble.
Photos © Christel Buelens



